2026 en course historique
Partie 2/2 : réduire les performances et les coûts
On les croirait figées dans le temps, mais méfiez-vous des apparences… Les voitures historiques progressent presque au même rythme que les modernes : cinq secondes gagnées en dix ans pour une Shelby Cobra sur le circuit Paul Ricard ! Cette progression spectaculaire s’accompagne d’une hausse des coûts, que les organisateurs tentent d’enrayer. Des solutions existent. Leur mise en place sera l’un des grands enjeux de 2026.

La tâche des commissaires techniques est titanesque : une journée pour passer toutes les voitures aux vérifications.
En quelques années, le profil du pilote de course historique s’est radicalement transformé. Dans les années 2000, il venait pour s’amuser et partager sa passion. Aujourd’hui, il vient pour s’amuser et gagner la compétition. Cette évolution des motivations a transformé la discipline.
En course historique comme en moderne, seule une minorité de voitures ont un potentiel suffisant pour s’imposer : une McLaren ou une Red Bull en Formule 1 ; une Shelby Cobra ou une Jaguar Type E en Sixties’ Endurance. La comparaison s’arrête là, car à l’inverse des pilotes de F1, ceux de l’historique choisissent leur monture. La multiplication des Cobra et Type E ces dernières années ne vous aura pas échappé, et ce, au détriment des petites cylindrées.


Les Jaguar Type E et Shelby Cobra 289 font la loi… Quel avenir pour les petites cylindrées ?
Course à l’armement
Les candidats à la victoire disposant désormais des mêmes modèles, la différence se fait ailleurs : par une professionnalisation extrême des préparateurs, qui sont entrés dans une course à l’armement pour satisfaire leurs clients. Les voitures sont ainsi devenues plus fiables qu’elles ne l’étaient naguère, mais elles sont aussi beaucoup plus performantes. Les motoristes parviennent à tirer 400 ch d’un 6-cylindres de Jaguar Type-E, soit environ 30 % de plus qu’en période. Le tout, en respectant les spécifications d’époque décrites dans le PTH (Passeport Technique Historique). Mais les progrès effectués dans la qualité des matériaux, des pneus, des carburants et des huiles ne sauraient tout expliquer. Car si l’Annexe K de la Fédération Internationale de l’Automobile reste le socle incontestable de l’ensemble des règlements techniques et sportifs en historique, elle n’a peut-être pas suffisamment suivi l’évolution des pratiques observées dans les paddocks : usage de barres anti-roulis et d’amortisseurs réglables, d’embrayages hors spécifications, circuits de ventilation des freins optimisés, etc.
Certaines de ces modifications vont dans le sens de la fiabilité et la sécurité des voitures, à l’instar de l’alternateur en forme de dynamo (le fameux « dynator ») qui améliore l’éclairage des phares. Mais d’autres augmentent les performances, induisant une usure prématurée des pièces et réduisant donc l’intervalle entre deux révisions. Les coûts explosent et certains propriétaires commencent à se demander s’il est bien raisonnable d’investir autant d’argent dans un loisir. Les préparateurs ne seraient-ils pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis ?


Le dynator (un alternateur en forme de dynamo) est largement répandu en courses historiques.
Des solutions dès 2026
Tous les grands organisateurs (Peter Auto, Motor Racing Legends, Masters Historic Racing, Goodwood) veulent endiguer ces dérives mais, même avec une armée de commissaires techniques, passer toutes les voitures au peigne fin restera impossible (Le Mans Classic compte plus de 600 automobiles réparties sur les différents plateaux).
D’autres pistes que les traditionnelles vérifications techniques existent, comme celle d’imposer un modèle unique d’allumage électronique, de manière à limiter le régime maximum des moteurs. Une réduction de 1.000 tr/min permettait de doubler la durée de vie de certains moteurs, ainsi que celle des boîtes de vitesses et des différentiels.
Une chose est sûre : les organisateurs et la FIA ne parviendront pas à réduire les performances des voitures et les coûts d’exploitation qui vont avec, sans unir leurs efforts, afin d’adapter et d’unifier les futures règlementations. Parviendront-ils a s’entendre sur ces sujets en 2026 ?


Chaque organisateur assure son propre suivi longitudinal.
