2026 en course historique
Partie 1/2 : sortir du cocon
Depuis quinze ans, l’univers des courses historiques s’est développé selon un modèle stable, avec des événements couvrant toutes les époques de manière exhaustive. Ce système, qui a atteint sa limite, sera profondément remanié en 2026. Une petite révolution…

Il faut patienter une quinzaine d’années environ pour qu’une voiture, devenue obsolète en course moderne, puisse entamer sa seconde carrière en historique. Depuis le début des années 2000, cet intervalle s’est vérifié successivement avec le retour en piste des Group C, puis des LMP-GT1-GT2 et, depuis l’année dernière, des GT3 (chez Motor Racing Legends). C’est un cycle naturel.
De nouveaux plateaux s’ajoutent régulièrement, mais les anciens restent… Or, les programmes des événements ne sont pas extensibles à l’infini, même en y intégrant des courses de nuit.
LA FIN DE L’ISOLATIONNISME
Peter Auto devait donc trouver une solution pour faire rouler ses deux nouveaux plateaux en 2026 : le GT3 Revival Series et le Legends of Le Mans. Impossible de leur trouver une place dans les traditionnels meetings que sont Spa-Classic, le Grand Prix de l’Age d’Or ou encore les Dix Mille Tours. L’organisateur parisien a donc pris une nouvelle orientation, en les associant à d’autres événements que les siens. Ils se produiront ainsi en lever de rideau des courses du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA (WEC) et du GT World Challenge de SRO. Fini l’isolationnisme : les courses historiques vont désormais cohabiter avec les compétitions modernes, comme cela se faisait il y a vingt ans, quand les manches du Classic Endurance Racing se disputaient en ouverture des Le Mans Series.
Ce changement de paradigme implique deux inconvénients majeurs :
- De nombreux concurrents ont pris l’habitude de conjuguer leurs week-ends de courses au pluriel, en s’alignant sur plusieurs plateaux – parfois jusqu’à quatre. Avec ce format, ils passeront un peu moins temps en piste par week-end (quand même 3h30 pour le Legends of Le Mans et 3h40 pour le GT3 Revival).
- Côté budget, ce changement aura aussi un impact important pour les préparateurs qui ne pourront plus amortir leurs dépenses logistiques par des engagements multiples sur plusieurs plateaux.
Le prestige exceptionnel qu’offre un meeting de WEC ou de GTWC compensera-t-il ces ces deux contraintes ? Ce sera l’un des enjeux à surveiller en 2026, et plus encore en 2027, quand l’enthousiasme des débuts se sera estompé.


SILVERSTONE FESTIVAL ET LE MANS CLASSIC SE RÉINVENTENT
Pour absorber l’arrivée des nouveaux plateaux, deux événements majeurs de l’historique vont se scinder en deux versions à partir de 2026, mais suivant des stratégies différentes.
Le Silverstone Festival donnera naissance à deux rendez-vous distincts : le CarFest, dédié aux familles (avec des concerts, des expositions, des parades) et le HRDC Classic, dédié aux puristes (avec des courses, des courses, des courses).
De son côté, Le Mans Classic fractionnera l’histoire des 24 Heures du Mans en deux périodes : Le Mans Classic Heritage (pour les voitures de 1923 à 1975) et Le Mans Classic Legend (pour les voitures de 1976 à 2015). Ces deux versions – organisées en alternance – rencontreront-elles le même succès auprès du public et des médias ? Une chose est sûr, ceux qui ont connu les Jaguar Type-D, Ford GT40 ou Matra 650 sont de moins en moins nombreux… Et la nostalgie ne se transmet pas. Là encore, il faudra attendre 2027 et la première édition du Le Mans Classic Heritage pour savoir si le choix s’avère gagnant.
